Histoire


Saint Méloir des Ondes, à l’instar de toutes les communes, est le produit d’un long et riche passé. Matière vivante, la force des éléments parfois, et la main de l’homme souvent, l’ont façonnée et continueront à la faire évoluer à travers les âges.
Remontons brièvement le fil de nos souvenirs ; reprenons la route des bâtisseurs qui nous ont précédés.

Au cœur du pays malouin, le territoire de la commune peut s’enorgueillir d’une occupation humaine très ancienne. Outils en pierre polie et haches en bronze, découverts au hasard des labours, permettent de penser qu’une activité s’y est développée dans des temps forts lointains.
Situé à la croisée de deux voies romaines importantes, l’embryon de village a une importance stratégique. Les prospections de terrain ont permis d’identifier de nombreux vestiges d’établissements à vocation agricole. Leur concentration, un peu à l’écart du bourg actuel, pourrait indiquer la présence d’une structure plus élaborée en tant qu’entité judiciaire et politique (le vicus). Le nom de Saint-Méloir apparaît pour la première fois en 1032. Alain III, duc de Bretagne, confirme la donation faite par ses parents défunts de deux églises Saint-Méloir et Saint-Méen Judicaël (Cancale) au bénéfice des moines du mont Saint-Michel. On peut donc situer la construction de l’édifice vers l’an 1000, sans en connaître l’emplacement primitif.

Les origines

Les armoiries de Saint-Méloir des Ondes sont composées de trois éléments principaux.

armoirie

 

Saint-Méloir, Prince de Cornouaille, eut la main droite et le pied gauche tranchés par son oncle Rivod pour le rendre inapte à tirer l’épée et à monter à cheval. Rivod s’assurait ainsi cruellement le pouvoir. Mais, des fidèles du jeune prince lui ayant posé des prothèses en argent et airain, Méloir s’en servit comme si elles étaient naturelles. Une main d’argent perpétue le souvenir du saint au travers des armoiries de la ville. Les ondes sont représentées par des traits ondulés de couleur émeraude. Les deux coquilles d’argent et la fleur de lys  font partie du blason du Mont Saint-Michel dont les Moines au XI siècle ont fondé la paroisse de Saint-Méloir des Ondes.

Briser les assauts de la mer qui pénètrent parfois loin dans les terres est le grand défi de la fin du premier millénaire. D’autres actes du 12ème viennent corroborer l’activité agricole au moyen âge. On y apprend que des digues protègent les zones de cultures qui sont soumises à la dîme, le plus souvent en faveur des moines du mont Saint-Michel ; ils sont aussi propriétaires d’un prieuré au centre du Bourg.
À cette époque, sur le littoral, le territoire de Saint-Méloir englobe une bonne partie des terres de Saint Benoît, qui n’est pas encore une paroisse. Sur la hauteur, dominant la baie, l’ancien château Richeux veille sur une éventuelle incursion ennemie ; il ne résistera pas aux assauts du temps.
Construite vers 1030 cette première forteresse aurait été la propriété des Du Guesclin.
Au fil des siècles, de grands domaines se créent autour de fermes fortifiées dont les terres appartiennent à de petits seigneurs (les Landes, La Coudre, Vautouraude, le Tertre Janson…) dépendant eux-mêmes de puissants personnages qui, à leur tour, paient redevances au Roi.
On y cultive aussi la vigne depuis au moins le XIIIème siècle. Les redevances seigneuriales peuvent parfois prendre de surprenants aspects tel le droit de Quintaine qui obligeait les jeunes mariés à courir le lundi de Pâques et toucher un écu sur un mannequin mobile. Alors que le jeune François 1er monte sur le trône, Pierre Touail et Dom Lesubloux, en charge de la cure, rédigent le premier registre de baptêmes. C’était en novembre 1515. Saint-Méloir présente une collection d’archives d’état civil remarquable datant de cette époque.

DU 16ème AU 18ème SIÈCLE

Les réussites commerciales des marchands malouins créent un phénomène de villégiature dans les environs. Manoirs, gentilhommières et « nouvelles maisons des champs » appelées « malouinières » apparaissent.

À la fin du XVIème siècle, Saint-Méloir est le théâtre d’affrontements sanglants entre les protagonistes catholiques et protestants de la guerre de la Ligue. Tombé aux mains des opposants à Henri IV, le vieux château Féodal du Plessix Bertrand en Saint Coulomb est repris et démantelé.
La proximité de la cité corsaire offre aux Méloriens la possibilité de participer à la guerre de course mais aussi aux grandes aventures commerciales lancées par les négociants malouins. Des dizaines de matelots, quelques officiers et capitaines embarquent sur les navires pour le « bout du monde ».
Séduits par le calme et le charme de la campagne, les armateurs de la prestigieuse cité achètent de vastes domaines en Saint-Méloir. Ils y construisent de confortables demeures, restaurent les anciens manoirs et, à l’abri derrière de hauts murs, s’accordent quelques vacances champêtres loin des affaires et du tumulte. Aujourd’hui encore, les malouinières rappellent le temps des conquêtes distillant encore aux initiés des parfums de café, poivre, curcuma, benjoin et autres épices des Indes ou d’Asie. De grands noms s’y rattachent tels Mahé de la Bourdonnais, Lamennais, Surcouf, Porée, Magon de Bois-Garin, Dartige du Fournet…
Les premiers registres d’états de service des marins conservés aux archives de la défense à Brest prouvent que les marins méloriens sont aussi de toutes les grandes aventures, et ce depuis au moins 1670 ! Certains sont plus spécialisés dans la charpenterie et servent le roi dans les arsenaux ; d’autres, partent pour Terre Neuve travailler dans les installations fixes, ils y restent plusieurs années. De nombreux drames de la mer viennent endeuiller les familles. Les deux corderies (l’une derrière le cimetière et l’autre près du Moulin Collin) fournissent les avitailleurs en cordages, aussières, filins, bouts de toutes espèces pour équiper les navires. Le reste de la production est écoulée dans les exploitations agricoles, elles aussi dépendantes de cette activité.
1789, une assemblée composée en majorité des greffiers et juges des juridictions seigneuriales rédige, comme dans toutes les paroisses du royaume de France, les cahiers de doléances. La révolution est en marche, elle va bouleverser des siècles d’institutions. Le premier maire de la commune de Saint-Méloir est Joseph Radou, prêtre. Bientôt, les ecclésiastiques seront poursuivis et l’église fermée.
En 1793, l’armée Vendée suivie d’une horde de civils est repoussée à Granville. La batterie de Château Richeux est renforcée. Il faut arrêter les ennemis du Peuple ! La folle équipée des insurgés se termine dans un bain de sang non loin de Dol. Quelques mois plus tard, la commune prend le nom de Méloir Richeux, ses voisines ceux de Coulomb-Rocher et Benoît des Ondes.
La majeure partie de la production agricole de Saint-Méloir alimente les trop nombreuses réquisitions faites par l’autorité révolutionnaire de Port-Malo. Les troupes en cantonnement pillent et volent les particuliers qui, désarmés, ne peuvent se défendre. Les nombreux moulins de la commune, dont certains subsistent encore, tournent à plein régime pour assurer l’approvisionnement de la cité corsaire.
Le XIXème siècle apporte l’apaisement. Témoin privilégié de la vie mélorienne,  la vieille église est rasée ; elle renfermait pourtant les restes et les chapelles d’illustres personnages. Le nouvel édifice est inauguré en 1860. Son immense clocher est un des plus remarquables de la région.

 

 DU 19ème AU 20ème SIÈCLE

1860      Paroisse, municipalité, habitants, tous apportent leur pierre à l’édifice. Ainsi naît une nouvelle et majestueuse église, remarquable entre toutes, dont la flèche du clocher culmine à 75 m.

 

1922     Cette année-là, une foule importante d’habitants mêlée d’autorités civiles, religieuses et militaires, célèbre le monument  élevé en mémoire des Méloriens tombés pour la Patrie. Ce lieu de mémoire va désormais s’appeler « Place du Souvenir ».

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La vocation agricole de Saint-Méloir des Ondes en a fait une commune prospère. Depuis les temps immémoriaux, on y a cultivé le chanvre et le lin, mais aussi les céréales comme l’orge, le seigle et le blé. Jusqu’au milieu du XXème siècle les plantations de tabac ont été très actives. Des cultures maraîchères ont pris le relais avec les choux fleurs et les pommes de terre. Une foule de petits métiers a fourni à l’agriculture les moyens de ses ambitions : vanniers, bourreliers, forgerons, tisserands… Peu exploité à ce jour, le passé maritime mélorien commence à se dévoiler. Effacée par les exploits des marins de Saint-Malo et Cancale, la mémoire populaire n’a pas gardé le souvenir des centaines de matelots qui, du 17ème au 19ème siècle, ont gagné durement sur l’océan la subsistance de leur famille. Que ce soit à Terre Neuve, en Amérique, aux Indes, amputés par les boulets ennemis, enlevés par les lames glacées ou sous les griffes du scorbut, ils ont eux aussi forgé l’histoire de la commune.

 

21ème SIÈCLE…

SAINT-MÉLOIR DES ONDES EN QUELQUES CHIFFRES

Population totale (au 01/01/2016) 3 936
Nombre de résidents secondaires 157
Superficie 2 949 ha
Nombre d’élèves scolarisés 395

 

La métamorphose du bourg

2013, le bourg nécessite une nouvelle cohérence et mérite une mise en valeur contemporaine. Évolutions d’apparence, changement des formes, tel un puzzle, une subtile combinaison, un nouveau centre bourg prend peu à peu forme. Le bourg reste héritier de son fier passé et dépositaire de l’âme mélorienne, mais… le temps est venu de la MÉTAMORPHOSE. Le ballet des engins, la force des matériels et l’ingéniosité des hommes œuvreront au service d’un  chantier qui durera deux ans.

 

 

 

 

 

Assemblage des matières, combinaison du minéral et du végétal, pour un résultat harmonieux.

 

 

 

 

 

Un aménagement centré sur la sécurité et la facilité des déplacements. Un projet pionnier en matière d’accessibilité, primé par l’obtention du prix national  «  Belles pratiques et bons usages en matière d’accessibilité de la cité 2013/2014 ».

 

 

 

 

 

Un embellissement pour une plus grande attractivité commerciale et  le  plaisir de goûter à la convivialité.

 

 

 

 

 

D’anciens espaces reconfigurés en zone d’habitation et de commerces.


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